Tuesday, December 6, 2011

Lose au Pantanal

Mardi, 10h
Avons dépassé de 100km l'intersection où le bus était censé nous déposer. Le chauffeur veut nous lâcher au bord de la route près des étangs infestés de caïmans. Retour en arrière.

18h
Ballade à cheval. Une heure après le départ, effroyable orage. Le "guide" se perd dans la savane. Les chevaux s'affolent. On retrouve le camp juste avant la nuit.

Mercredi, 7h30
Faux-départ : la Jeep a un pneu crevé. Changement de roue.

9h
Panne soudaine à 15km du camp. Impossible de redémarrer. Alors que nous poussons la Jeep, le "guide" reste au point mort et tente de démarrer au démarreur... hum. Là, je commence à m'inquiéter. Au Pérou j'ai vu les mecs changer la boîte de vitesse du car au bord de la route !

Midi
Marche dans les marécages. Le "guide" perd tout le groupe. Quand tout le monde se retrouve, les gens ne sont pas contents mais lui encore moins. Une altercation éclate. Je prends la défense d'une dame allemande. Le ton monte. Insultes au milieu du marais. Morale : en pleine jungle, pas facile de raisonner un mec qui a une machette de 40cm quand tu ne disposes que d'un couteau suisse.

14h
Bloqués par un pont à moitié écroulé (alors que nous l'avions emprunté le matin même)


A l'heure où j'écris ces lignes, nous nous apprêtons à prendre place dans de frêles embarcations pour aller pêcher le Piranha dans les eaux bourrées de caïmans, en compagnie du fou à la machette que j'ai insulté tout à l'heure. Vous avez dit "forcer sa chance" ?


« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »René Char

1 comments:

Arnaud VINCENT said...

Péripéties qui font partie du dépaysement et dont vous vous souviendrez avec nostalgie en repensant à cet inimitable petit goût d’aventure accompagné d’une touche de langueur amazonienne sans doute irritante sur le moment...

Vous arrivez bientôt au terme de votre tour du monde, bientôt l’heure d’un premier bilan. Déjà, en vivant à San Francisco, j’ai vu votre regard s’affuter sur la vieille Europe. Le principe du benchmark en somme. Avec des analyses souvent loin des clichés, j’ai parfois été surpris par vos conclusions, sur les modèles sociaux ou la liberté d’entreprendre par exemple. Or ces derniers jours en lisant les grands quotidiens européens obnubilés par nos problèmes de crises de la dette et de gouvernance européenne, je me demandais si avoir vu les mines de Potosi donne d’avantage de recul en permettant de relativiser ou si au fond notre conditionnement culturel garde le dessus ?

En d’autres termes, j’aimerais savoir si vous estimez que votre tour du monde a changé durablement votre regard sur ce monde ?