Thursday, March 31, 2011

Récit du siège de Townsville

Townsville était sise là, 400km devant nous. Mais inaccessible, retranchée derrière ses routes inondées. Et pourtant, nous avions décidé d'y aller ! Nous établissions notre siège à Mackay.

Au premier jour, patience. L'attente lente. La route va-t-elle ouvrir ? C'est long, un jour à ne rien faire sous la pluie (quand on a un van pour toute maison).

Au second jour, route toujours fermée, pluie toujours torrentielle, mais dans un élan de fougue impétueuse nous décidions de prendre la route quand même, pariant sur la réouverture proche. 130km de route abominable sous les flots battants. On arrive au point bloqué. Ah oui, effectivement, quand une rivière folle traverse la route, c'est bloqué. Demi-tour. 130km dans l'autre sens mais cette fois de nuit. Retour à la case départ, épuisés.

Alors au troisième jour, nous délaissions la stratégie "attaque frontale éclair" pour la ruse "passage en force cartographique". Oh, un léger détour de 770km sur des routes plus ou moins (plutôt moins) acceptables, dont un tronçon de 500km sur lequel l'unique signe de construction humaine fut une station service (fort sympathique au demeurant, tout le monde étant obligé de s'y arrêter -- ça fait aussi restaurant-bar-motel-épicerie-camping-aire de repos, avec deux employés).

Et au crépuscule, sous un coin de ciel bleu vite mangé par l'orage énorme, la cité enfin nous ouvrit ses portes.


Epilogue 

Bon, ben finalement Townsville est une ville toute pourrie. On ne sait pas ce qui nous a pris de vouloir y venir à tout prix. Alors n'oublions pas comme Steve Jobs aime à le répéter que the journey is the reward.

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Tuesday, March 29, 2011

Malédiction

Fauchés comme un lapin en plein vol, nous l'avons été lorsqu'à un tiers environ de la longue traversée de l'Australie en camping-car -- bon, Julie conteste ce mot, elle dit plutôt que ce véhicule est un van pourri avec un matelas derrière -- bref, à un tiers environ de la traversée de l'Australie en Objet Roulant Non Identifié, on nous annonce avec un flegme très britannique que l' (unique) route est coupée devant à cause des inondations. Alors on attend (sous la pluie forte et continue bien sûr, sinon y aurait-il des inondations?). On attend toujours... et pour le meilleur ou pour le pire, cela me donne l'opportunité de poster les premières impressions australiennes.

L'Australie a cette malédiction, qu'elle a toujours été la province de quelqu'un. Historiquement, politiquement, culturellement, économiquement.

Historiquement bien sûr, l'Australie est une simple province anglaise. Les tout premiers colons, un convoi formé de 250 soldats et 751 condamnés, débarqua près de ce qui allait devenir Sydney en 1788 (18 ans après que Cook avait repéré rapidement les lieux). Plus tard, quand certains forçats demeuraient trop insoumis, on les envoyait avec une garnison pour créer un camp "punitif" plus loin sur la côte : ainsi furent fondées bon nombre de ville australiennes. Aujourd'hui encore, l'allégeance à la couronne anglaise est forte et visible ; Elizabeth II figure sur toutes les pièces de monnaie (sur celles de $1 il y a un kangourou au verso, quand même) et la tête de l'exécutif est un "premier ministre", surtout pas un président. La visite récente du prince Harry a mis en émoi toute la population, et pas seulement les jeunes filles ! (il est déjà pris, NDLR) 




Politiquement toutefois, l'allégeance devait passer toute entière aux Etats-Unis avec la seconde guerre mondiale. Et cela se comprend : en 1942 le Japon progressait rapidement en Asie du Sud-Est et n'était plus qu'à quelques semaines de l'Australie qui n'avait aucune chance de résister à la vague nippone ; les anglais n'en avaient cure, trop préoccupés - on les comprend aussi - par l'immédiate menace allemande à leurs portes. Les sauveurs furent donc américains, certes moins pour les beaux yeux australiens que parce que le territoire était une base stratégique indispensable pour reprendre le contrôle du Pacifique. En tout état de cause, après la guerre, l'Australie se sent infiniment reconnaissante envers les US, et quelque peu trahie par l'Angleterre (pour laquelle de nombreux Australiens s'étaient portés volontaires et avaient perdu la vie en 14-18). Résultat, aujourd'hui encore (on a pu le voir par exemple lorsque Bush décide d'attaquer l'Irak en 2002), politiquement l'Australie ne me semble pas être grand chose de plus qu'un bon valet au service des US.

Culturellement, c'est encore plus simple : l'Australie est une copie des US. Nos amis australiens sont fascinés par les américains. Les cités sont organisées de la même manière, les panneaux suivent le même standard, les villes s'appellent Palm Beach, les rues Haight-Ashbury, les parcs d'attraction Seaworld, les filles sont aussi grasses, parlent aussi fort et s'habillent selon le même style (ou l'absence de)... l'expérience la plus consternante est de faire ses courses dans un grand supermarché, dans la banlieue d'une ville moyenne : mêmes produits horribles saturés de graisse et de sucre, mêmes quantités gargantuesques, même obèses roulant sur les mêmes "scooters" (ce sont les sortes de chaises roulantes électriques avec chariot intégré, mises à disposition des clients qui à 200 ou 300kg ne peuvent plus vraiment marcher). Quelle tristesse !

Economiquement enfin, l'Australie a la chance d'être immensément riche en matières premières dont les prix explosent à cause de la demande chinoise. Grâce à cela le pays a moins souffert de la crise que les autres pays occidentaux, et sa monnaie -- au grand désespoir du voyageur étranger -- est plus forte que jamais. Une part croissante des exportations va aujourd'hui vers la Chine, et dans l'autre sens, ce sont les groupes de touristes agités (au grand désespoir devrais-je ajouter du voyageur indépendant aimant le calme). Bon, ce post contient déjà assez de jugements à l'emporte-pièce alors je vais me retenir d'écrire qu'économiquement l'Australie est en train de devenir une province chinoise... mais je n'en pense pas moins !

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Sunday, March 20, 2011

5 photos de Nouvelle Calédonie




Mon ami Erik (récompense de $100 à la personne qui trouve une photo de lui sans bière à la main)


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Le voyage selon Sade

Lu dans "Ernestine" :

Après avoir parcouru ces habitations singulières, nous entrâmes dans une taverne, où Falkeneim obtint de l'hôte tout ce qu'il fallait pour se rafraîchir, d'assez bonne bière, du poisson sec, et une sorte de pain suédois, fort en usage à la campagne, fait avec les écorces du sapin et du bouleau, mêlées à de la paille, à quelques racines sauvages, et pétries avec de la farine d'avoine ; en faut-il plus pour satisfaire au véritable besoin ? Le philosophe qui court le monde pour s'instruire, doit s'accommoder de toutes les moeurs, de toutes les religions, de tous les temps, de tous les climats, de tous les lits, de toutes les nourritures, et laisser au voluptueux indolent de la capitale ses préjugés... son luxe... ce luxe indécent qui, ne contentant jamais les besoins réels, en crée chaque jour de factices aux dépens de la fortune et de la santé.

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5 photos de Nouvelle Zélande

Sur le toit des Breton, famille d'accueil à Auckland


Geyser à Rotorua


Couverture médiatique discutable (c'est quoi ce casque?) des média à Christchurch après le tremblement de terre


On peut difficilement faire plus loin sachant que la circonférence terrestre est de 40.000km


Good bye Auckland !

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Friday, March 11, 2011

Perds pas le Nord !

La Nouvelle Zélande est à la même latitude dans l'hémisphère Sud que la France dans le Nord (à cheval sur le 45ème). Cela réserve bien des surprises.

Première ballade et premier chemin perdu pour ceux qui ont l'habitude de s'orienter avec le soleil : oui, le soleil se lève toujours à l'Est et se couche à l'Ouest, mais il passe par le... Nord ! et non plus le Sud. Je comprends rétrospectivement cette annonce immobilière vue à Auckland, "superbe villa, terrasse orientée plein nord...".


En conséquence la mousse sur leurs arbres bizarres, genre bouquet de fougères en haut d'un palmier, est elle du côté sud.

Il est bizarre aussi d'entendre qu'on monte au nord pour trouver la chaleur, et que, attention, c'est assez loin au sud, prenez des vêtements chauds !

Je passe sur l'éternel imbroglio des saisons, quand je dis été c'est l'été au sens "normal" (juin/juillet/août) ou c'est la saison sèche et chaude (novembre/décembre/février) ? J'ai remarqué que même les néozélandais s'y perdaient.

Pour ceux qui aiment la physique, oui, ici la force de Coriolis est inversée et ça, ça me perturbe vraiment !

Pour ne rien arranger ces anglais dégénérés roulent à gauche (mais les vieux riches comme chez nous votent à droite)... pfff... et comme ils sont tout au bord de la ligne de changement de date, tu peux prendre un vol d'une heure à 8 heures du mat et arriver... la veille à 10 heures du matin (bizarrement un certain nombre de gens n'ont pas de nuit d'hôtel la première nuit !).

Y'a plus de bon sens ! mais j'ai en fin de compte trouvé LA solution pour retrouver la bonne direction... je demande à Julie c'est où, et je prends le contraire. Infaillible.


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Thursday, March 10, 2011

Kiwi Experience

Les Neo-Zélandais sont très fiers de leur kiwi. Une espèce d'oiseau en voie de disparition que l'on peut admirer au zoo et dans tous les spots touristiques.


Malheureusement, nous n'avons pas eu la chance de rencontrer des kiwis en liberté, mais nous avons pu constater qu'il existe une autre espèce de Kiwi, celle-ci, bien plus répandue.

Ce Kiwi vient généralement de Nouvelle Zélande ou d'Angleterre. Il a entre 20 et 25 ans et ne se déplace qu'en groupe (entre 10 et 20).
Il s'alimente principalement de bière et contrairement à son homonyme oiseau, il est TRES bruyant.
Il commence généralement sa journée vers midi par un bungy jumping (saut à l'élastique). Il obtiendra un tee shirt après le saut, qu'il arborera fièrement tout le reste de la journée et en parlera à tout va.

Le Kiwi aime se penser backpacker, et cela, même si son car rempli de Kiwis comme lui, le dépose devant son auberge de jeunesse et le conduit à toutes ses activités. En fait, il n'a de backpacker que le backpack.

Le Kiwi mâle se reconnait à :
  • Son tee shirt bungy
  • Son ventre bedonnant (la bière)
  • Son oeil mort (encore la bière)
  • Et bien entendu, son car, jamais très loin
Quant au Kiwi femelle, et bien, c'est la même chose, avec un micro shirt en jean!

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Tuesday, March 8, 2011

Que veux-tu que je te dise...

Alex me pousse à écrire dans le blog, mais qu'est-ce que je peux bien dire après ça ?
Que j'ai les cheveux secs ? Parce que c'est vrai qu'ils le sont, et en plus je suis blonde maintenant...

Quelle poisse !

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Friday, March 4, 2011

Christchurch

De passage bien involontaire à Christchurch, une semaine après le tremblement de terre, plusieurs impressions nous touchent.

La première, qui te saute à la gorge dès que le bus approche, c'est l'ampleur de la destruction. Non, ce ne sont pas juste quelques immeubles du centre ville qui se sont écroulés, comme je l'imaginais avant d'arriver. Ce sont des piles et des piles de gravas dans les rues, les maisons éventrées dont on voit encore l'intérieur douillet des chambres coupées en deux, les églises par terre, les voitures broyées sous les décombres. Tout cela en dehors de la zone "vraiment sinistrée", le centre et l'Est de la ville, eux toujours inaccessibles.

Chaque perte est bien sûr unique, terrible, mais au vu du champ de bataille, 200 ou 300 morts cela semble peu ; j'imagine la même secousse dans une ville d'un pays pauvre, sans doute des dizaines de milliers de victimes, plus un bâtiment debout, et ensuite l'eau polluée, les maladies, les pillages... Images de Haïti. Même devant ces événements brusque de la Nature, les hommes ne sont pas égaux.

Le plus dur à ce stade, c'est l'attente. Les autorités inspectent un par un chaque bâtiment, et le verdict est taggué sur la façade : OK (exterior and interior), OK (exterior only), NOT OK. Les familles patientent, hébergées comme elles peuvent. Tous les motels complets. La recherche des corps sous la cathédrale qui commence tout juste. On imagine ces journées si vides et pleines à la fois.

Je crois qu'à la manière de la guerre, de l'occupation, ces catastrophes font ressurgir et amplifient ce qu'il y a de meilleur et de pire en l'Homme. 

Le pire : Le risque de pillage, qui oblige l'armée a toujours boucler la plus grande partie de la ville (dont 100% du centre), empêchant les habitants d'aller seulement constater l'état de leur maison. Les tentations de spéculation -- le gouvernement a du décréter un gel des prix. La curiosité morbide des quelques touristes prenant sans pudeur des photos des décombres. La malhonnêteté des média -- j'aperçois cette présentatrice TV japonaise qui met son casque de chantier quand ça commence à tourner -- vous rajouterez bien un peu de drame ?

Le meilleur : la solidarité partout manifeste, la nation réunie, la reconstruction déjà commencée. Les hommes tournés déjà vers l'avenir. Les grands panneaux "NOW OPEN!" sur les restaurants et les magasins, exhibés avec une immense fierté comme autant de trophées, de revanches de l'Homme contre la catastrophe. Le flegme très anglo-saxon du chauffeur de bus passant devant le parc dévasté : "Anyway, there are still very nice walks in the park...".

Enfin, en quittant la ville ce matin je pense à Héraclite, "il n'est pas possible d'entrer deux fois dans le même fleuve", puisque l'eau qui coule n'est pas deux fois la même ; toutes les choses sont transitoires, "jamais rien n'est, toujours il devient". Et même celles qui nous donnent l'illusion de nécessairement durer, notre maison, notre cité, la vie et la santé de nos proches, tout cela n'est pas moins transitoire, incertain, fragile et précieux que l'eau du fleuve qui s'écoule. 



PS. A propos d'Héraclite je recommande la lecture de ce billet du blog de mon père.

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Tuesday, March 1, 2011

Glowworms

Waitomo, Nouvelle Zélande

Dans la profonde obscurité, loin sous terre, je dérive en silence sur ma chambre à air. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route des bois. Et soudain le ciel ressurgit, illuminé de mille étoiles. Il était pourtant récemment midi...
  Glowworms2

Chaque étoile qui brille est en fait un petit ver au plafond de la grotte, un ver luisant Arachnocampa Luminosa. Chaque galaxie, une colonie. Ces aimables créatures ne s'allument pas pour l'émerveillement des voyageurs, mais pour la chasse des insectes. Et nous voilà naviguant les rivières froides de ces cavernes magiques au ciel étoilé.




Préparatifs
Blackwater group 1010125

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Hi New Zealand !

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