Sunday, November 27, 2011

Uyuni

Paysages lunaires à plus de 4000m d'altitude au Sud-Ouest de la Bolivie.






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Tuesday, November 15, 2011

Voyage au bout de la nuit

Un grondement sourd et lointain envahit l'espace étroit. Nous sommes pliés en deux, les pieds dans l'eau. 
Seules les lampes frontales déchirent d'un halo étroit l'obscurité compacte. La guide crie "Vite ! Plaquez-vous sur les côtés !" (1). Le grondement augmente, puis tel un spectre, le chariot de métal, chargé de 250kg de cailloux, déboule sur les rails défoncés. Il manque de dérailler à chaque instant. Deux fantômes sont accrochés derrière.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Plus loin dans les galeries, nous rencontrons les mineurs. Ils travaillent à la pelle, à la pioche, d'arcboutent sur les chariots pour les faire remonter quand nous avons du mal à progresser sans rien porter. Nous sommes à 4303m d'altitude. Il fait 40°. Bienvenue aux mines d'argent de Potosi, en Bolivie, où les techniques et conditions de travail n'ont pas vraiment évolué depuis que les conquistadors Espagnols y ont tué plus de six millions d'Indiens à la tâche, faisant au passage la richesse de l'Europe.

Nous pensions avoir vu le pire avec les porteurs de souffre d'Ijen, sur Java. Nous n'avions pas vu Potosi. La mine n'est plus assez rentable, et n'intéresse plus les grandes compagnies. Alors les mineurs travaillent en coopérative : chacun touche ce qu'il extrait, retranché du coût de son matériel personnel (casque, lampe, dynamite, etc.) et des installations communes. A la fin de la semaine, pas grand chose pour survivre. 

Je pose la question : "Jusqu'à quel âge travaillent-ils ?". Réponse : "Oh, ils meurent en général à l'âge de 45 ou 50 ans". Ainsi donc on travaille jusqu'à la mort (comme ce décalage entre la réponse et la question en dit long !), et on meure jeune de maladies pulmonaires. C'est la règle et tout le monde la comprend. De toute façon, quel autre choix ? Je me demande si cette auto-exploitation n'est pas encore pire que l'exploitation par une entreprise.

Un peu gênés d'être les témoins de ces tortures, nous distribuons aux mineurs croisés ça et là quelques denrées de grande valeur pour eux : feuilles de coca à mâcher (elles font oublier la faim, la soif, la chaleur, la fatigue), alcool (à 96° !) pour les fêtes de fin de semaine, bâtons de dynamite -- dialogue surréaliste souterrain : "Ola ! Vous n'auriez pas un peu de dynamite par hasard ? - Si, justement. Voilà. - Merci. Bonne journée!". Avant la visite la guide nous avait proposé de faire ces emplettes, pour 1€ par personne. Les trois Israéliennes qui complétaient notre petit groupe avait refusé cette dépense. Bienvenue dans le monde réel.









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Sunday, November 6, 2011

Machu Picchu par les coulisses

On dit que la fin justifie les moyens. Dans le voyage, j'ai l'impression que la fin, c'est les moyens : les moments les plus intenses ne sont pas les lieux, les sites, les villes à visiter, mais bien les aventures qui nous y mènent.

Prenons le Machu Picchu. Vous pourriez prendre un vol Lima-Cusco (2h, $500 AR), puis le train touristique Cusco-Aguas Calientes (3h, $120 AR) [oui c'est un peu cher, mais pas de concurrence puisqu'il n'y a pas de route menant à Aguas Calientes... c'est ça ou marcher], et enfin la navette touristique qui mène au site (25min, $16 AR). Ou alors, vous pouvez faire autrement.

Jour 1 : Lima-Huancayo en train (durée : 13h).

J'ai des doutes au départ, puis confirmation dès la montée : c'est bien le train que prend Tintin dans le Temple du Soleil ! On monte à moins de 30km/h jusqu'à 4800m d'altitude. C'était le plus haut du monde jusqu'à ce que les Chinois décident de prendre le record, voir mon post, point numéro 4, à ce sujet.



Passage à 4800m d'altitude
Jour 2 : Huancayo-Ayacucho en bus tout terrain (durée : 12h)

Achat des billets à la compagnie de bus



Jour 3 : Ayacucho-Andahuaylas en bus tout terrain (durée : 12h)




Jour 4 : Andahuaylas-Cusco en bus tout terrain (durée : 10h)


C'est dur à croire... mais un bus de 20t peut passer là

Jour 5 : compliqué

Cusco-Santa Maria en collectivos (sorte de taxi collectif) (durée : 5h)

Un col à 4300m...
... et 2 heures plus tard, dans la jungle !

Santa Maria-Santa Teresa en minibus (1h)

Ceci est bien une "route"

Santa Teresa-Station Hydroélectrique en minibus (30min à tourner en rond dans le village pour remplir le minibus, plus 30min de piste)

Enfin, suivre à pied la voie ferrée dans la jungle (avec prière et/ou course sur les ponts et dans les tunnels!) jusqu'à Aguas Calientes (2h30)




Arrivée à Aguas Calientes de nuit et sous la pluie


Jour 6 : Lever à 4h45 pour être les premiers au Machu Picchu !

Pas vraiment les premiers... il y avait déjà un lama


Bonus de la méthode "coulisses"... in fine, tu parles couramment espagnol sans avoir jamais ouvert un livre.

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