Thursday, June 2, 2011

0 photo de Malaisie

Effectivement, nous n'avons pas trouvé cinq photos de Malaisie pour le post habituel, ni quatre, ni une enfin [update : on a quand même mis deux, mais c'est juste pour appuyer les propos].

La Malaisie "continentale" est encadrée par la Thaïlande au nord et Singapour au sud, Singapour auquel elle abandonne l'extrême pointe sud-est du continent asiatique. La traversant dans toute sa longueur sud-nord, nous n'y avons trouvé que centres commerciaux climatisés, tours de bureaux climatisées, tours d'habitations climatisées avec sécurité privée, et parkings climatisés. Normalement, les quatre communiquent par des passages intérieurs climatisés, donc pas la peine de sortir dans la chaleur étouffante, la pollution, la saleté, le bruit. L'extérieur dévasté est réservé à la part sans importance de la population (99% à mon avis) qui ne fait pas partie de la nouvelle classe sociale "moderne" malaisienne.



Il n'y a tellement rien à faire à Kuala Lumpur (à part les centres commerciaux etc. je ne recommence pas !) que les visiteurs se retrouvent tous à payer une forte somme pour monter, même pas au sommet mais sur la passerelle du 40ème étage des tours Petronas, d'où on ne voit rien (allez, je mets une photo quand même), histoire de dire qu'on a visité quelque chose. Humiliation suprême, il faut réserver à l'avance, et subir avant de monter une vidéo et des speechs interminables de propagande pro-malaisienne et pro-Petronas (la compagnie pétrolière nationale, Petrol Nasional, moi qui croyais romanesquement que les tours étaient baptisées en honneur à Pétrone...).

Vue de la passerelle... nous avons payé cher et donné deux heures de notre vie pour cette photo....
Si comme nous votre première impression est que c'est légèrement pollué, vous vous trompez, comme vous l'auriez appris au cours de la propagande information officielle : il s'agit d'un "phénomène climatique d'origine indonésienne (tiens!) normal à ce moment de l'année".

Read more...

Tuesday, May 31, 2011

Singapour le meilleur et pour le pire

N'avoir aucune attente présente un avantage certain, c'est de n'être jamais déçu. Et dès lors, comme disait mon oncle, "on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise".

Une bonne surprise, c'est précisément ce que nous découvrîmes en atteignant Singapour en provenance de Java. J'avais soigneusement évité la ville au cours de mes précédents périples dans les environs : son image aseptisée, sa réputation sans saveur, son modèle occidental... L'écrivain William Gibson a décrit Singapour comme un "Disneyland avec la peine de mort", et ça représentait bien ce que nous avions prévu.

Et pourtant, voilà, entre les petites rues authentiques de Little India, le kitch de Chinatown, le quartier colonial sympa et quelques magnifiques buildings comme ce bateau posé sur trois tours, ces deux jours dans la ville furent agréables.


Une seule question nous dérange... pourquoi avons-nous aimé ? Est-ce parce que finalement, Singapour ce n'est PAS un Disneyland avec la peine de mort ? Ou bien est-ce plutôt parce qu'à force d'embourgeoisement, et tout droit sortis des affres de Jakarta, nous apprécions de vivre dans ce Disneyland ?

Read more...

Tuesday, May 17, 2011

5 photos de Java

Je suis un dragon...

... et un Bouddha aussi (Où est Charlie ? Photo à zoomer... une bière pour le premier qui me trouve !)

Photo de groupe au temple de Borobudur

Dans le wagon-restaurant (un vrai resto !) en direction de Jakarta

Allez, promis après on arrête avec les photos de volcans




Read more...

Sunday, May 15, 2011

Jakarta

Nous entendions partout à Bali et Java : "Jakarta est une immense ville sans intérêt, congestionnée, pénible, dangereuse... n'y allez surtout pas !". Et le fait est que quasiment tous les voyageurs prennent une correspondance à l'aéroport sans en sortir, ou, au pire, se transfèrent directement vers la gare afin de repartir illico vers une destination plus accueillante.

Mais nous sommes des rebelles et nous avons décidé de faire un effort pour aimer Jakarta. Trois jours plus tard, nous pouvons rendre compte.

  • Immense ? Plutôt : 9,6 millions d'habitants sur 661 km2 
  • Sans intérêt ? Les quelques traces de l'époque coloniale hollandaise sont en ruine, à l'exception d'un curieux café surréaliste, Café Batavia. Curieusement la ville "moderne" s'est développée toujours plus au sud, laissant le centre historique (le port, au nord) décrépir à grande vitesse et sortir de la zone "centre ville". Aujourd'hui ce qui pourrait être un vieux centre historique sympathique est littéralement une ensemble de ruines autour de terrains vagues. Nulle trace non plus de notre ami Arthur Rimbaud, qui a bel et bien accosté ici le 23 juillet 1876 à l'occasion de son engagement dans l'armée hollandaise, avant de déserter quelques semaines plus tard [voici d'ailleurs un article passionnant à ce sujet]. 
  • Congestionnée ? Les routes semblent bloquées à toute heure du jour ou de la nuit par une masse informe de voitures, bus, camions, cyclomoteurs, bajajs (taxis-moto à 3 roues), becaks (taxi vélo à 3 roues), ojeks (taxis-moto)... chaque centimètre carré est occupé ! Même aux standards asiatiques, il faut le dire : le trafic est terrible. 
  • Pénible ? Je passe sur la chaleur, l'humidité, les inondations 6 mois par an ; après tout ce n'est pas de leur faute ! Le plus ardu pour le visiteur, c'est de se déplacer. 
    1. Il n'y pas de trottoir (j'ai remarqué d'ailleurs en rigolant que trottoir se dit "trotoar" en indonésien, l'importation phonétique d'un mot occidental montrant bien que le concept n'existait pas!). Pour être plus précis, la bande de bitume boueuse qui pourrait servir de trottoir est réservée aux activité suivantes : parking, réparations en tout genre, confection, artisanat, marché, échoppes de restauration, vente de gros, animalerie, etc. Il faut donc se battre (contre un camion...) pour quelques décimètres carrés sur la route. 
    2. Il n'y a pas de passages piétons (et pas de feu respecté). Pour traverser unique solution, attendre qu'un groupe d'Indonésiens s'apprête à traverser et courir très vite avec eux en priant pour que quand même, pour 20 personnes, les conducteurs vont daigner faire un écart d'un mètre. 
    3. Il n'existe pas de plan fiable de la ville (ou alors, il est bien caché). Les Google, Yahoo etc. sont complètement à côté de la plaque. 
    4. Il n'y pas de transport en commun utilisable (à moins j'imagine de parler couramment indonésien ET d'avoir subi un entraînement physique adéquat dans un camp spécialisé -- endurance, course de vitesse, saut vers/depuis un véhicule en mouvement, lutte greco-romaine, respiration en milieu enfumé tabac+CO2 extrême, etc.), en dehors d'un maigre réseau de bus spéciaux TransJakarta. Mais comme de toute façon tu n'as pas de plan (cf. 3) et tu ne sais pas où aller (cf intérêt)... 
    5. La pollution : N°3 dans le monde après Mexico City et Bangkok, d'après l'OMS. Nous pensions être préparés après les vapeurs de souffre d'Ijen... non, c'est encore pire ici. 
En route dans un bajaj -- N.B. le "trotoar" à gauche
  • Dangereuse ? Nous n'avons pas marché dans des ruelles sombres au milieu de la nuit. Mais j'imagine que c'est moins dangereux que de marcher le long d'une rue normale de jour, frôlés par tous ces véhicules fous qui jugent -- à raison -- qu'en cas de collision leur carrosserie sera moins abîmée que la tienne. 
Oui, nous avons vraiment essayé dur, et nous ne pensions pas qu'un déplacement de 500 mètres dans une rue pouvait être aussi désespérant. Nous avons fini par abandonner.

Mais on a quand même gagné une chose... le droit de dire à la première personne : Jakarta est une immense ville sans intérêt, congestionnée, pénible et dangereuse. Et si vous non plus vous ne le croyez pas, faites comme nous... allez-y !

Read more...

Java

Après s'être fait violence pour quitter le confort de Bali, nous arrivons sur l'ile de Java, à Promolinguo qui a pour seul intérêt d'être la ville depuis laquelle s'organisent les excursions pour le Mont Bromo, un volcan très actif en ce moment.

Grace au Lonely Planet, nous savons par avance que nous allons être harcelés par les vendeurs de tickets de bus pour Bromo et ça ne manque pas, dès notre descente du bus, nous nous retrouvons encerclés de chauffeurs/rabatteurs qui vont tous à Bromo.

Sur le trottoir d'en face, un occidental, français probablement vu son accent, hurle sur un chauffeur !!!!I don't want to go to Bromo!!!!! Nous voilà dans l'ambiance. Nous finissons par suivre un des rabatteurs, pourquoi celui la, je ne sais pas, peut être avait il une bonne tête, qui nous guide au bureau où nous acheterons nos tickets.

Trish, le vendeur, nous annonce que oui oui, il vend les tickets, pour 25000 (le prix du guide), le bus part dans une demi heure, bien sur que nous pouvons laisser nos sacs ici en attendant.

Et bien voila c'était pas si compliqué.

Compliqué non, mais un peu couteux tout de même car nous avons fini par acheter, après une très longue négociation, un package pour un tour de deux jours.

Jour 1. Lever 3h30 pour rejoindre le point depuis lequel nous verrons le jour se lever sur le Mont Bromo. Au début, nous devinons seulement la fumée qui s'échappe du volcan et nous entendons la lave qui bouillonne. Impressionnant, c'est un peu comme d'entendre une mer agitée mais en très fort. Au fur et à mesure que le jour se lève, nous avons une vue de plus en plus époustouflante. Il est très dur d'arrêter de prendre des photos car il nous semble que la lumière change chaque minute, et c'est de plus en plus beau.


Vers 11h, notre groupe prend route pour le plateau d'Ijen a 300 km à l'est de Bromo. En fait, nous sommes passés à coté hier, en rejoignant Promolinguo, donc, oui, on peut dire que c'est un petit détour de 300km.
2 heures de route convenable, puis, 2 heures horribles sur une route complètement défoncée. Nous arrivons à notre hôtel, l'Arabica, en plein milieu d'une plantation de café.

Jour 2. Lever 4h. Départ pour Ijen (un autre volcan, très actif aussi, exploité pour la production de souffre). Après deux heures de marche, nous arrivons au sommet. C'est très différent d'hier mais tout aussi impressionnant. Le plus incroyable étant tous ces hommes qui portent 80 kilos de souffre sur leur dos l'air de rien alors que nous, nous avons peine à respirer avec toutes ces vapeurs de souffre (Voir post d'Alex). 


A 11h, nous nous mettons en route pour un voyage qui ne finira que le lendemain matin a 5h, à notre arrivée à Yogiakarta, notre prochain stop.

Nous avons passé 2 jours certes épuisants, mais mémorables.
Outre les paysages somptueux, j'en retiendrai deux choses.

La première, c'est qu'il ne faut pas chercher à rester indépendants à tout prix. Certes, nous aurions pu organiser nous même ces deux jours, pour probablement un peu moins cher. Mais après trois mois de voyage, c'est très reposant de laisser quelqu'un décider où tu vas dormir, à quelle heure tu pars, tu manges etc...

Nous avons eu la chance de tomber avec des gens très sympas (dont le Français qui !!!Didn't want to go to Bromo!!!) et de passer 2 jours au complet ensemble nous a permis pour la première fois en trois mois, d'aller un peu plus loin que la conversation stérile : d'ou tu viens, pour combien de temps tu voyages blah blah blah.


La deuxième, c'est qu'il faut savoir revenir sur ses pas. Certes nous étions passés par Ijen sans nous arrêter et il est un peu frustrant de faire demi tour sur le moment. Mais cela valait mille fois le détour et après tout, nous avons le temps!

Ah, et une troisième chose, c'est incroyable tout ce que l'on peut faire dans une journée en se levant à 4 heures du matin!

Read more...

Monday, May 9, 2011

Sisyphe

Nous nous sommes rendus dans le cratère du volcan (actif) d'Ijen, dans l'Est de Java. La marche pour atteindre le bord du cratère est éprouvante, deux heures de montée rude. Ensuite, il faut descendre dans le cratère sur des rochers glissants, agressés par les vapeurs de souffre étouffantes crachées par le volcan.

Cela dit, aucun touriste ne se plaindra : nous apercevons une interminable file de bêtes de somme chargée chacune de 80kg de souffre jaune, effectuant l'incroyable travail de fourmi consistant à escalader le volcan, descendre dans le cratère, charger quelques blocs de souffre dans des paniers de bambou, remonter au bord du cratère, puis redescendre la pente raide jusqu'à la route. Une sorte de Sisyphe à l'envers, ne puis-je m'empêcher de penser.

En approchant, nous réalisons que ces bêtes de somme, ce ne sont pas des bêtes mais des hommes. Ils sont petits et maigres, et ils marchent en tongs sur ces sentiers escarpés, avec une charge que je n'arrive pas à décoller du sol à l'arrêt avec mes chaussures de randonnée...

Les porteurs de souffre sont payés au kilo : 625 roupies, soit 5,2 centimes d'euro le kilo. En se levant vers 3 heures du matin ils arrivent à faire deux trajets de 75kg (les paniers vides pèsent déjà 4kg) dans la journée, soit 7,81€.

Et pourtant ils semblent heureux, sourient et échangent quelques mots avec nous sur le sentier.

Une question me travaille depuis : ce travail est-il humain ? Ce sort doit-il être celui d'un Homme ? Il est aisé de répondre : "Non, bien sûr, c'est de l'exploitation -- construisons une route et utilisons deux ou trois camions". Mais alors, que va-t-il advenir des porteurs ? Mourront-ils de faim ? Ou bien recevront-ils des indemnités qui leur permettront de finir leurs jours devant la télé ?

Décidément, c'est un dilemme, et je serais curieux de savoir ce que vous en pensez.

De mon côté, je répondrai avec les mots de Camus qui concluent Le mythe de Sisyphe :
« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »


Read more...

Tuesday, May 3, 2011

5 photos de Bali

Loin de nos amis Australiens, dans les montagnes autour de Munduk

Il a l'air gentil, mais il est juste intéressé

Petit-déjeuner serein

Notre véhicule pendant 15 jours (le 2 roues est vraiment le seul moyen de locomotion rapide en Asie)

Le paradoxe balinais résumé en une photo : fondue savoyarde devant un spectacle de danse locale !

Read more...