Tout comme nous n'avions rencontré l'Italie, la vraie, qu'en arrivant à Naples, c'est en débarquant à Salvador que nous avons enfin fait connaissance avec le Brésil.
Quand São Paulo et Rio sont, à mon avis, sur la pente insensée vers le modèle américain -- comme tant d'autres pays et villes traversés cette année ! -- riches barricadés dans leur quartiers privés protégés par les milices, pauvres se mourant dans leurs favelas, Salvador nous montre autre chose.
A Salvador on n'échappe pas à la fièvre, à la fête, à une sorte de magie qui relie les gens au delà de leur race et de leur classe.
Si ton truc c'est la plage déserte, mieux vaut opter pour Tahiti ! Si en revanche c'est l'ambiance que tu recherches...
Friday, December 16, 2011
Salvador
Sunday, December 11, 2011
Trois idées reçues sur le Brésil
Idée reçue n°1 : Il fait toujours beau à Rio
Eh bien non, même en plein été austral, en décembre, il pleut et il fait froid à Rio ! Et comme à part la plage (Copacabana, Ipanema...) il n'y a rien à faire...
Idée reçue n°2 : Sao Paulo propose les meilleures pizzas du monde
Tout a commencé lors de la rencontre d'un Brésilien dans le train de nuit Bangkok-Chiangmai en mai... puis "confirmé" par un Franco-Brésilien aux Philippines... et tous les guides de voyage en parlent. Selon tous ces gens, "les pizzas de Sao Paulo sont les meilleures pizzas du monde -- encore meilleures que celles de Naples".
Après notre expérience de Naples, sont étions impatients d'arriver à Sao Paulo. Nous avons d'ailleurs construit notre itinéraire d'Amérique du sud en fonction de ça. Une fois en ville, renseignements pris, la meilleure pizzeria de la ville (et donc du monde par extension) est Braz.
Là... de toutes nos attentes, seule l'addition dépassait ! Tout cela n'aurait pu ne rester qu'une déception, mais nous l'avons ressenti comme une insulte avec Naples encore sur nos papilles et dans nos coeurs.
Idée reçue n°3 : Les Brésiliennes sont des bombes
Le Brésil, c'est Los Angeles : 95% de la population est obèse, et 5% sont des bombes construites de toutes pièces à coups de gym et de chirurgie -- évidemment, c'est le 5% que tu vois à Copacabana et sur les brochures.
Les Inconnus avaient en fin de compte raison.
Saturday, December 10, 2011
Lose au Pantanal (2)
Update : Sommes toujours vivants après la pêche aux Piranhas. Par contre, le produit de notre pêche ayant frôlé le bord de l'eau quelques instants, d'autres Piranhas (ceux que nous n'avions pas pêchés) se sont régalés de leurs confrères...
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| Notre fameux "guide" Emerson |
Tuesday, December 6, 2011
Lose au Pantanal
Mardi, 10h
Avons dépassé de 100km l'intersection où le bus était censé nous déposer. Le chauffeur veut nous lâcher au bord de la route près des étangs infestés de caïmans. Retour en arrière.
18h
Ballade à cheval. Une heure après le départ, effroyable orage. Le "guide" se perd dans la savane. Les chevaux s'affolent. On retrouve le camp juste avant la nuit.
Mercredi, 7h30
Faux-départ : la Jeep a un pneu crevé. Changement de roue.
9h
Panne soudaine à 15km du camp. Impossible de redémarrer. Alors que nous poussons la Jeep, le "guide" reste au point mort et tente de démarrer au démarreur... hum. Là, je commence à m'inquiéter. Au Pérou j'ai vu les mecs changer la boîte de vitesse du car au bord de la route !
Midi
Marche dans les marécages. Le "guide" perd tout le groupe. Quand tout le monde se retrouve, les gens ne sont pas contents mais lui encore moins. Une altercation éclate. Je prends la défense d'une dame allemande. Le ton monte. Insultes au milieu du marais. Morale : en pleine jungle, pas facile de raisonner un mec qui a une machette de 40cm quand tu ne disposes que d'un couteau suisse.
14h
Bloqués par un pont à moitié écroulé (alors que nous l'avions emprunté le matin même)
A l'heure où j'écris ces lignes, nous nous apprêtons à prendre place dans de frêles embarcations pour aller pêcher le Piranha dans les eaux bourrées de caïmans, en compagnie du fou à la machette que j'ai insulté tout à l'heure. Vous avez dit "forcer sa chance" ?
« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »René CharRead more...
Sunday, November 27, 2011
Tuesday, November 15, 2011
Voyage au bout de la nuit
Un grondement sourd et lointain envahit l'espace étroit. Nous sommes pliés en deux, les pieds dans l'eau.
Seules les lampes frontales déchirent d'un halo étroit l'obscurité compacte. La guide crie "Vite ! Plaquez-vous sur les côtés !" (1). Le grondement augmente, puis tel un spectre, le chariot de métal, chargé de 250kg de cailloux, déboule sur les rails défoncés. Il manque de dérailler à chaque instant. Deux fantômes sont accrochés derrière.
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Plus loin dans les galeries, nous rencontrons les mineurs. Ils travaillent à la pelle, à la pioche, d'arcboutent sur les chariots pour les faire remonter quand nous avons du mal à progresser sans rien porter. Nous sommes à 4303m d'altitude. Il fait 40°. Bienvenue aux mines d'argent de Potosi, en Bolivie, où les techniques et conditions de travail n'ont pas vraiment évolué depuis que les conquistadors Espagnols y ont tué plus de six millions d'Indiens à la tâche, faisant au passage la richesse de l'Europe.
Nous pensions avoir vu le pire avec les porteurs de souffre d'Ijen, sur Java. Nous n'avions pas vu Potosi. La mine n'est plus assez rentable, et n'intéresse plus les grandes compagnies. Alors les mineurs travaillent en coopérative : chacun touche ce qu'il extrait, retranché du coût de son matériel personnel (casque, lampe, dynamite, etc.) et des installations communes. A la fin de la semaine, pas grand chose pour survivre.
Je pose la question : "Jusqu'à quel âge travaillent-ils ?". Réponse : "Oh, ils meurent en général à l'âge de 45 ou 50 ans". Ainsi donc on travaille jusqu'à la mort (comme ce décalage entre la réponse et la question en dit long !), et on meure jeune de maladies pulmonaires. C'est la règle et tout le monde la comprend. De toute façon, quel autre choix ? Je me demande si cette auto-exploitation n'est pas encore pire que l'exploitation par une entreprise.
Un peu gênés d'être les témoins de ces tortures, nous distribuons aux mineurs croisés ça et là quelques denrées de grande valeur pour eux : feuilles de coca à mâcher (elles font oublier la faim, la soif, la chaleur, la fatigue), alcool (à 96° !) pour les fêtes de fin de semaine, bâtons de dynamite -- dialogue surréaliste souterrain : "Ola ! Vous n'auriez pas un peu de dynamite par hasard ? - Si, justement. Voilà. - Merci. Bonne journée!". Avant la visite la guide nous avait proposé de faire ces emplettes, pour 1€ par personne. Les trois Israéliennes qui complétaient notre petit groupe avait refusé cette dépense. Bienvenue dans le monde réel.
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Sunday, November 6, 2011
Machu Picchu par les coulisses
On dit que la fin justifie les moyens. Dans le voyage, j'ai l'impression que la fin, c'est les moyens : les moments les plus intenses ne sont pas les lieux, les sites, les villes à visiter, mais bien les aventures qui nous y mènent.
Prenons le Machu Picchu. Vous pourriez prendre un vol Lima-Cusco (2h, $500 AR), puis le train touristique Cusco-Aguas Calientes (3h, $120 AR) [oui c'est un peu cher, mais pas de concurrence puisqu'il n'y a pas de route menant à Aguas Calientes... c'est ça ou marcher], et enfin la navette touristique qui mène au site (25min, $16 AR). Ou alors, vous pouvez faire autrement.
Jour 1 : Lima-Huancayo en train (durée : 13h).
J'ai des doutes au départ, puis confirmation dès la montée : c'est bien le train que prend Tintin dans le Temple du Soleil ! On monte à moins de 30km/h jusqu'à 4800m d'altitude. C'était le plus haut du monde jusqu'à ce que les Chinois décident de prendre le record, voir mon post, point numéro 4, à ce sujet.
Jour 2 : Huancayo-Ayacucho en bus tout terrain (durée : 12h)
Jour 3 : Ayacucho-Andahuaylas en bus tout terrain (durée : 12h)
Jour 4 : Andahuaylas-Cusco en bus tout terrain (durée : 10h)
Jour 5 : compliqué
Cusco-Santa Maria en collectivos (sorte de taxi collectif) (durée : 5h)
Cusco-Santa Maria en collectivos (sorte de taxi collectif) (durée : 5h)
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| Un col à 4300m... |
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| ... et 2 heures plus tard, dans la jungle ! |
Santa Maria-Santa Teresa en minibus (1h)
Santa Teresa-Station Hydroélectrique en minibus (30min à tourner en rond dans le village pour remplir le minibus, plus 30min de piste)
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| Ceci est bien une "route" |
Santa Teresa-Station Hydroélectrique en minibus (30min à tourner en rond dans le village pour remplir le minibus, plus 30min de piste)
Enfin, suivre à pied la voie ferrée dans la jungle (avec prière et/ou course sur les ponts et dans les tunnels!) jusqu'à Aguas Calientes (2h30)
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| Arrivée à Aguas Calientes de nuit et sous la pluie |
Jour 6 : Lever à 4h45 pour être les premiers au Machu Picchu !
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| Pas vraiment les premiers... il y avait déjà un lama |
Bonus de la méthode "coulisses"... in fine, tu parles couramment espagnol sans avoir jamais ouvert un livre.
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