Tuesday, February 15, 2011

Tikehau "la Sauvage"

Arrivés un dimanche à midi sur l'immense (461km2 dont 99.9% de lagon) mais presque désert (407 habitants) atoll de Tikehau, dans l'archipel des Tuamotu, nous avons pu constater à la première personne ce qu'était vraiment la vie sur une île isolée, si tu ne fais pas partie des dispendieux clients du Pearl Beach Coco Macumba Resort.

Deux heures et demi après l'arrivée, sous un soleil de plomb, errant à la recherche d'un "village" qui en fait n'existe pas, affamés et surtout assoiffés, nous avons été littéralement recueillis par une famille adorable. Le chef de ladite famille est en fait infirmier -- comprendre infirmier/médecin/secouriste/urgentiste/pharmacien/vétérinaire/etc. puisqu'il est le seul et unique personnel médical jusqu'à Tahiti, à une heure trente d'avion d'ici ! L'hôpital, la pharmacie, les secours, c'est lui.

  Infirmier 1000808

 Il est donc d'astreinte 24h sur 24. Si ta blessure est grave, un avion vient de chercher depuis Tahiti, mais comme la piste n'est ouverte que de jour, il faut te blesser avant 15h pour être évacué le jour même. Sinon, tu dois attendre le lendemain matin. J'imagine la nuit que passe cet infirmier avec deux personnes dans le coma suite à un accident de Vespa... (cas qu'il a eu)

 Petite consolation tous les soins, tous les médicaments sont absolument gratuits, même pour les touristes américains qui se demandant dans quel monde parallèle étrange ils ont atterri (coût d'une opération suivie d'une semaine d'hospitalisation en Californie : $150,000). Les spécialistes (cardiologue, ophtalmo, etc.) viennent sur l'atoll une fois par an, et tout les habitants consultent. Pour le traitement éventuel, le déplacement à Tahiti est intégralement pris en charge. Et si tu as besoin d'aller te faire soigner à Paris, pas de problème, tout est payé, billet d'avion, hôtel, accompagnateur, et même du cash pour t'acheter des vêtements chauds !

Je commence à me dire qu'être indépendantiste ici demande une conviction politique (ainsi qu'une santé) vraiment à toute épreuve.

 L'école de l'île accueille les enfants jusqu'au CM2 (ceux qui vivent de l'autre côté de lagon se lèvent à 4h pour prendre le bateau). Pour le collège, pension complète obligatoire sur l'île voisine de Rangiroa, les enfants ne rentrent que 4 fois par an, et tous les frais sont pris en charge à 100% par l'Etat. Quant au lycée, c'est la pension sur l'île de Tahiti. Et si tu continues après le bac, c'est la métropole !

1 comments:

Arnaud VINCENT said...

Tiens, je viens de tomber sur un petit article du Figaro, qui rejoint ton propos, suite à la dernière publication du rapport de de la Cour des comptes, extraits :

"15.000 euros par hectare de banane: voici le montant exorbitant des aides agricoles perçues par les planteurs des Antilles. C'est 30 fois plus que la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français. Or comme le dénonce la Cour des comptes, cette politique n'a pas empêché la chute des effectifs dans les plantations de bananes (-47 % en Guadeloupe et - 38 % en Martinique de 2000 à 2007).

La Cour alerte aussi sur le système de santé de Polynésie, en lourd déficit et qui absorbe 48,7 % du budget de la collectivité territoriale. Les ménages polynésiens contribuent très peu à son financement (6 %, contre 23,2 %, en métropole)."