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| Quand je dis route cahotique... |
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| Arrivée à Litang, 4027m d'altitude, entouré de montagnes à 6000/7000m |
Parfois le chauffeur tibétain ouvre sa fenêtre et crie, crie follement vers le vide. Est-il fou ? ou surpris lui-même que son minibus ait passé le col ?
Enfin nous y voilà, dans cette région de géographie et de population tibétaines, mais qui techniquement ne fait pas partie de la province chinoise "Tibet" -- ce qui nous autorise à nous y rendre, contrairement au Tibet officiel complètement fermé aux étrangers, même en groupes organisés, depuis mi-juin. Nous ne tardons pas à réaliser que les Chinois ont très, très peur de réactions pro-tibétaines ici. La ville est sillonnée, à une fréquence incroyable, de voitures de police. Dès qu'un attroupement de plus de 3 personnes se forme, une voiture ralentit et lance injonction de se disperser. Le trafic des voitures de police doit faire à lui seul plus du tiers du maigre trafic de la ville (on a parfois l'impression qu'il y a plus de yacks errants et de cochons en famille que de véhicules). Quand on sait qu'en Chine il y a plus de policiers en civil qu'en uniforme...
Tout ce déploiement de force semble bien dérisoire, en face de ces pauvres tibétains que nous côtoyons dans la rue et les restaurants, si gentils et souriants. L'amour sans limite de l'Occident pour la cause tibétaine m'avait toujours surpris (ils n'ont pas de pétrole, enfin), mais il faut avouer que la vue simultanée d'un flic chinois corrompu en 4x4 et d'une jeune famille tibétaine déambulant gentiment, le visage buriné, dans leurs tenues surprenantes, tout juste sortis de leur campement, provoque bien des choses en nous.
Le feeling "Corée du nord" augmentera encore dans l'après-midi, quand nous essaierons de téléphoner en France. D'abord par le mobile chinois -- toutes communications internationales bloquées --, puis par le mobile français, même histoire, puis depuis l'hôtel. En fait la région est tout simplement coupée du réseau téléphonique international. Là, les Chinois frisent la paranoia : si jamais quelque mouvement se produisait, malgré tout, personne ne doit pouvoir en rendre compte, en tout cas rapidement. Sans surprise le seul café internet de la ville nous refuse : seuls les Chinois, munis bien sûr de leur carte d'identité (dont le numéro est "attaché" à la session), y ont accès. Toutes nos tentatives de communication seront infructueuses. Quand je pense qu'il y a seulement trois semaines, j'étais révolté que les accès à Blogger (oui, nous n'avons pas accès à notre propre blog), Facebook, Twitter et autres soient bloqués en Chine. Rétrospectivement, quelle chance d'avoir eu encore Gmail, Skype et le reste jusqu'à hier!
Alors voilà, mon cher ami de la police chinoise, tu as gagné pour aujourd'hui : je n'appellerai personne, et me voilà "offline", sous la lumière des gyrophares insistants de tes voitures. Et est-ce pour la punition d'avoir tout de même tenté notre chance que dans le "meilleur hôtel de la ville", il n'y a pas d'eau (du tout !) ?
MISE A JOUR 24 JUILLET: Nous étions à Litang début juillet, et nous sentions bien que la situation était tendue... Quelques jours après notre passage, tout d'un coup, les étrangers ont été bloqués sur toutes les routes menant à Litang. Les forums basés à l'étranger indiquent qu'une émeute (nous n'en saurons jamais plus...) a eu lieu, et que, comme d'habitude, les Chinois ont bloqué toute la région pour réprimer en toute tranquillité. Une pensée pour nos "amis" de Litang.










A lire tes posts la question me vient : mais comment les jeunes Chinois acceptent cette situation ? Comment acceptent-ils d'être conduits comme le seraient les gamins d'un patronage par le Parti Unique ? Le même Parti fait (au sens réel) la pluie et le beau temps. Sera-t-il capable d'empêcher un "printemps chinois" ?
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