Sunday, July 24, 2011

Litang

Quand je dis route cahotique...
Litang (à ne pas confondre avec le méga spot touristique Lijiang) n'est pas un endroit comme les autres. Tout d'abord Litang se mérite, à plus de 15 heures de bus chaotique de la première ville "normale", si on peut considérer que Shangri La (au Sud) et Kangding (à l'Est) sont des villes normales, ce qui est déjà en soi un truc osé. Nous arrivons après une interminable descente, alors que la ville est à... 4027m d'altitude ! Vérification faite, les cols que notre bus a héroïquement passés, tous voyants rouges d'alerte moteur allumés, se trouvaient à plus de 5000m. Et que des paysages lunaires, de déserts de roches improbables, de yacks poilus sur la route ! Cette route, en elle-même, est un délice si on arrive à faire abstraction de son dos.

Arrivée à Litang, 4027m d'altitude, entouré de montagnes à 6000/7000m

Parfois le chauffeur tibétain ouvre sa fenêtre et crie, crie follement vers le vide. Est-il fou ? ou surpris lui-même que son minibus ait passé le col ?

Enfin nous y voilà, dans cette région de géographie et de population tibétaines, mais qui techniquement ne fait pas partie de la province chinoise "Tibet" -- ce qui nous autorise à nous y rendre, contrairement au Tibet officiel complètement fermé aux étrangers, même en groupes organisés, depuis mi-juin. Nous ne tardons pas à réaliser que les Chinois ont très, très peur de réactions pro-tibétaines ici. La ville est sillonnée, à une fréquence incroyable, de voitures de police. Dès qu'un attroupement de plus de 3 personnes se forme, une voiture ralentit et lance injonction de se disperser. Le trafic des voitures de police doit faire à lui seul plus du tiers du maigre trafic de la ville (on a parfois l'impression qu'il y a plus de yacks errants et de cochons en famille que de véhicules). Quand on sait qu'en Chine il y a plus de policiers en civil qu'en uniforme...

Tout ce déploiement de force semble bien dérisoire, en face de ces pauvres tibétains que nous côtoyons dans la rue et les restaurants, si gentils et souriants. L'amour sans limite de l'Occident pour la cause tibétaine m'avait toujours surpris (ils n'ont pas de pétrole, enfin), mais il faut avouer que la vue simultanée d'un flic chinois corrompu en 4x4 et d'une jeune famille tibétaine déambulant gentiment, le visage buriné, dans leurs tenues surprenantes, tout juste sortis de leur campement, provoque bien des choses en nous.




Le feeling "Corée du nord" augmentera encore dans l'après-midi, quand nous essaierons de téléphoner en France. D'abord par le mobile chinois -- toutes communications internationales bloquées --, puis par le mobile français, même histoire, puis depuis l'hôtel. En fait la région est tout simplement coupée du réseau téléphonique international. Là, les Chinois frisent la paranoia : si jamais quelque mouvement se produisait, malgré tout, personne ne doit pouvoir en rendre compte, en tout cas rapidement. Sans surprise le seul café internet de la ville nous refuse : seuls les Chinois, munis bien sûr de leur carte d'identité (dont le numéro est "attaché" à la session), y ont accès. Toutes nos tentatives de communication seront infructueuses. Quand je pense qu'il y a seulement trois semaines, j'étais révolté que les accès à Blogger (oui, nous n'avons pas accès à notre propre blog), Facebook, Twitter et autres soient bloqués en Chine. Rétrospectivement, quelle chance d'avoir eu encore Gmail, Skype et le reste jusqu'à hier!

Alors voilà, mon cher ami de la police chinoise, tu as gagné pour aujourd'hui : je n'appellerai personne, et me voilà "offline", sous la lumière des gyrophares insistants de tes voitures. Et est-ce pour la punition d'avoir tout de même tenté notre chance que dans le "meilleur hôtel de la ville", il n'y a pas d'eau (du tout !) ?



MISE A JOUR 24 JUILLET: Nous étions à Litang début juillet, et nous sentions bien que la situation était tendue... Quelques jours après notre passage, tout d'un coup, les étrangers ont été bloqués sur toutes les routes menant à Litang. Les forums basés à l'étranger indiquent qu'une émeute (nous n'en saurons jamais plus...) a eu lieu, et que, comme d'habitude, les Chinois ont bloqué toute la région pour réprimer en toute tranquillité. Une pensée pour nos "amis" de Litang.

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Tuesday, July 5, 2011

Tours et détours d'une startup de Suresnes à San Francisco


La revue de Télécom Paris, pour un numéro spécial consacré à l'International (malheureusement, sans e), m'a demandé de témoigner de mon expérience d'entrepreneur des deux côtés de l'Atlantique. Voici l'article !

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Sunday, June 12, 2011

Rencontre éléphantesque





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Thursday, June 9, 2011

Incursion

A partir de l'extrême Nord de la Thaïlande, dans ce "Triangle d'Or" qui fascine tant les occidentaux, nous avons pu faire une incursion de quelques jours en Birmanie.

Incursion dans l'espace, dans le temps, tant ce que nous trouvâmes là était d'ailleurs.

En plein pays Shan, la junte militaire birmane n'aime pas trop les yeux indiscrets. Mais l'amour de la devise forte étant plus fort encore, les étrangers sont autorisés à la ville frontière, Tachileik, et les plus pressants (dont nous faisons bien sûr partie) peuvent même tenter leur chance et demander une autorisation spéciale, conditionnée à l'accompagnement permanent d'un guide/surveillant, pour s'enfoncer jusqu'à la ville historique de Kengtung à 150km de là. Impossible d'aller plus loin, il faudra ensuite revenir sur nos pas et nous en retourner en Thaïlande.

Je n'oublierai jamais la tête de l'officier d'immigration, à la limite extrême de la crise cardiaque, quand je lui dit qu'on veut aller à Kengtung. Quelque chose me dit qu'il n'y aura pas foule de touristes là-bas. Il tente de nous dissuader, mais évidemment, plus on te dit "n'y vas pas, n'y vas pas"...

Après quelques heures au petit bureau du ministère du tourisme, où notre requête fut acceptée et des centaines de papiers remplis et tamponnés, nous voilà donc dans le bus pour Kengtung avec notre guide, qui décide de tout et s'interpose dès que nous engageons une conversation. Le bureau a la gentillesse de garder nos passeports, pour notre confort. Un petit air de Corée du Nord ! (bon, en Corée du Nord j'avais jour et nuit 2 guides, 1 interprète et 1 chauffeur sur le dos, c'est la dose supérieure). Durée prévue : 4h30. Distance : 150km. Et pourtant la route est bonne, on ne comprend pas. Ah, après 3 checkpoints en 10km, on comprend.

Le militaire birman aime le checkpoint. Il en met à chaque entrée/sortie de chaque ville, et puis aussi un peu partout. Chaque checkpoint comporte une baraque par service (police, immigration, douane, santé, etc. les autres sont écrits en birman et le guide fait semblant de ne pas comprendre quand je demande ce que c'est). Notre guide se déplace avec des piles de photocopies de notre permis officiel, qu'il remet à chaque baraque de chaque checkpoint à chaque déplacement. Je me demande ce qu'ils en font.

Il est difficile d'imaginer qu'en 2011 on ne soit pas partout libre de se déplacer à l'intérieur de son propre pays, mais c'est bien le cas ici. Les birmans aussi ont besoin d'autorisations, surtout quand on s'approche de la frontière, et surtout les femmes de moins de 25 ans. Celles-ci doivent descendre du bus à chaque contrôle, signer des documents, promettre de ne pas s'enfuir en Thaïlande, etc. Note pratique si vous voyagez là-bas : si vous avez le choix entre deux bus, prenez celui qui contient le moins de jeunes femmes, il arrivera plus vite.

Cela dit le bus est moderne, et on nous passe un DVD thaïlandais de spectacle super chaud, gogo danseuses etc. Les moines voyageant avec nous n'en sont pas l'audience la moins attentive.

Enfin, nous arrivâmes à Kengtung, où la première activité fut... la paperasse au bureau d'immigration bien sûr ! pour demander les autorisations nécessaires au trek du lendemain. Mais ça, c'est une autre histoire.


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Monday, June 6, 2011

Voilà c'est dit

Mon père a commenté sur son blog voilacestdit notre post Sisyphe sur les ramasseurs de souffre du volcan d'Ijen. J'en profite pour lui faire un peu de pub, n'hésitez pas à jeter un oeil ! (lien direct vers son article)

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Friday, June 3, 2011

Massage thaïlandais

Le tour du monde des clichés continue, et nous nous attaquons aujourd'hui à un morceau de choix : le massage thaïlandais.

Alors que dans un spa du Royaume de Thaïlande Julie se faisait couper les ongles recevait un soin de manucure (il parait que ça fait mieux comme ça), votre serviteur décida de se sacrifier pour enfin connaître la vérité.

Mes premiers doutes naquirent (et mes derniers espoirs secrets de scènes lascives dans la mousse, etc. disparurent tout à fait) dès le petit sourire sadique de la masseuse bien bâtie qui arriva dans la cabine. Au bout de cinq minutes, j'avais bien saisi le concept : un massage thai, c'est une succession de pressions de 100kg (en général appliquées avec les coudes ou les genoux, bref quelque chose de contondant) sur des points de ton corps choisis pour la souffrance provoquée.

Le problème à ce moment, c'est qu'il te reste 55 minutes et que tu sens qu'elles vont être longues. Ma dernière pensée avant de sombrer dans cet état second où tu ne te concentres plus que sur la douleur, fut de me rappeler que j'étais en train de payer pour être ainsi torturé.

Une fois que tout ton corps est bien écrasé, les choses sérieuses peuvent commencer : on te fait prendre des positions d'acrobate-enfant chinois contorsionniste, et dans ces positions, craquer des os que tu ne pensais pas avoir (ou est-ce ma colonne vertébrale qui a finalement lâché ?).

La masseuse se sentait bien et détendue à la fin, elle était vraiment rayonnante -- eh, c'est elle qui devrait me payer ! Enfin je dois avouer que moi aussi, j'étais bien et détendu. Quand 60 minutes de torture se terminent, et que tu découvres avec surprise que tu arrives encore à marcher quasiment sans boiter, oui ça fait du bien !

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Thursday, June 2, 2011

Record

Bon, nous avons été un peu critique avec la Malaisie, alors on doit au moins leur reconnaître une chose : ils sont recordmen du monde de la plus grande douche (ce n'est pas une baignoire, je précise).

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