Thursday, October 6, 2011

Quand les Français me fatiguent...

Jeudi matin, 9h36 heure de Paris, le Journal du Net (LA référence en France des sites d'informations High Tech / Internet) n'annonce toujours pas la seule information qui compte... bravo.

Par contre on trouve un article complaisant en faveur du livre d'Orianne Garcia : "Comment je suis devenue millionnaire grâce au net... sans rien y comprendre".

Parfois, il vaut mieux se passer de commentaire.

 

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Tuesday, October 4, 2011

En Grèce

Dès notre entrée dans le port de Patras, à l'Ouest du Péloponnèse, nous étions frappés du luxe environnant. Bars tendance bondés de monde, terrasses des restaurants chics remplies toute l'après-midi (un mercredi), magasins bien achalandés d'articles chers... Etait-ce bien là ce pays en crise grave faisant la une de la presse généraliste et économique depuis si longtemps ? Au bénéfice du doute : Patras doit être une sorte de St Tropez, une ville à part pour gens aisés, nous verrons bien à Athènes.

Shopping à Athènes, samedi 1er octobre 2011
A Athènes pourtant, puis ailleurs dans le pays, nos déambulations confirmeront pourtant l'impression Patras. En particulier samedi, dans une artère commerçante, séquence bien rodée de marques internationales. De longues files s'étirent aux caisses, les restos sont toujours remplis, et un café coûte 2,50€. 

Au delà de ces impressions forcément superficielles, je comprends bien que l'économie grecque s'écroule, et que loin des centre-ville aisés, des millions de gens s'enfoncent dans la pauvreté. Je ne suis pas en train d'écrire que la détresse grecque est feinte, que les Grecs (la cigale) jouent la comédie pour toucher les euros durement mis de côté par les rigoureux Allemands (la fourmi).

Alors que se passe-t-il ? Pourquoi cette énorme déconnexion entre ce que je vois dans les journaux et ce que j'observe dans la rue ?

Pour une majorité de Grecs, en fait, la crise est encore tout à fait virtuelle. Les habitudes n'ont pas été changées. Les salaires des fonctionnaires, les retraites sont versés. Les riches sont toujours riches. Sous le soleil, rien de nouveau. Je rigole bien en lisant la presse économique, les bonhommes cravatés de la troïka Communauté Européenne-FMI-Banque Européenne qui, tels des professeurs sévères mais au fond compréhensifs, ne sont pas très contents de l'application des réformes sans aller jusqu'à exiger le redoublement. Messieurs de la troïka, sortez de vos salles de réunion climatisées des hôtels de luxe d'Athènes et venez faire un tour avec moi en Grèce réelle, vous verrez bien que de réforme il n'y a pas l'ombre du quart de la moitié du commencement d'une. Même l'insouciance n'est pas égratignée !

Il semble y avoir ici trois Etats. D'abord, la classe moyenne et supérieure, aisée, qui a tranquillement établi ou conforté sa fortune depuis dix ans grâce à l'Europe. Ensuite, la classe des fonctionnaires (plus de 25% de la population) et des retraités (les Grecs touchent en moyenne 95% de leur meilleur salaire, contre moins de 60% pour le reste de l'Europe), qui continue à vivre sur la bête. Et enfin le Tiers-Etat, les employés du privé, petits entrepreneurs, chômeurs, jeunes, etc. Ce sont les seuls qui n'ont pas profité des abus, du pillage en règle des budgets grecs... et ce sont, bien sûr, eux qui seront balayés de plein fouet par la crise -- la vraie -- à venir. Vous avez dit injustice ?

Fervent partisan de l'Europe (souvenirs de 1992, référendum de Maastricht, drapeau européen à ma fenêtre, j'étais alors un vrai militant !), j'étais en faveur d'un soutien financier inconditionnel à la Grèce. Si l'Union, toute sorte d'union d'ailleurs, flanche à la première tempête, à quoi sert l'Union ? Et bien, j'ai changé d'avis. Il faut laisser couler la Grèce.

Mais attention, ce n'est surtout pas pour la punir : nous ne valons pas mieux, comment pourrions-nous donner des leçons ? Structurellement, nous sommes dans la même situation. La Grèce est juste en avance sur la même pente vers le gouffre. Si nous devons laisser couler la Grèce, c'est pour lui donner la chance d'un nouveau départ.

En Grèce (comme ailleurs, mais je reviendrai là-dessus), il est de temps de rebattre les cartes. Il faut repartir de zéro. Il ne faut pas supprimer le quatorzième mois des fonctionnaires (mesure que nul n'a encore osé ne serait-ce que mentionner, mon Dieu !), mais annuler tous les contrats et réembaucher en donnant leur chance aux autres. Pourquoi ceux qui sont à l'abri par chance ou par piston le resteraient-ils, quand les autres vont tant souffrir au dehors ? Il n'y pas de vraie réforme sans vraie crise. Envoyer huit milliards d'euros pour passer le mois d'octobre... et après ? On recommence en novembre ? Rendons service à la Grèce comme on rend service à un vrai ami, sans complaisance. Laissons la Grèce faire défaut, sortir de l'euro s'il le faut, toucher le fond, faire sa révolution sociale et se reconstruire sur de bonnes bases. C'est la meilleure chose que l'on puisse souhaiter à ses générations à venir.

Addendum : au moment où je publie ce post, j'apprends qu'hier les lycéens grecs bloquaient les ministères à Athènes. Ah, manifestent-ils enfin pour un nouvel ordre social ? Et bien non... pour l'arrêt des réformes. Si même les jeunes ne veulent que le statu quo, quoi d'autre que la chute du système peut amener le renouveau ?

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Wednesday, September 21, 2011

Naples sans compromis

Avec l'Europe il n'y a plus de frontières, et à la sortie de Menton on se retrouve sans crier gare en Italie. Néanmoins, il ne faut pas plus d'un kilomètre pour cocher une bonne partie de la liste des clichés. Vespa, cheveux gominés, promeneurs en slip de bain, bronzage avant tout, pizzeria à chaque coin, etc. On est bien en Italie.

Enfin, on croit qu'on est en Italie. Jusqu'à Naples. 

A Naples soudainement, le code de la route n'existe plus du tout. Le casque n'est plus porté. Les cartes de crédit s'arrêtent mystérieusement de marcher ("ouné problemo di connexionné, signor !" tiens !). A Naples, on se rend compte que tout ce qui est au Nord c'était juste un peu d'Italie, dilué dans beaucoup de globalisation. Naples rejette en bloc la norme, le standard, le compromis, le principe de précaution, bref tout ce qui fait notre société de plus en plus ennuyeuse et uniforme. Naples rejette tout ce qui fait que parfois à Sydney, à Jakarta, à Bangkok, à Pékin et ailleurs, dans un moment de lassitude, devant le n-ième Starbucks, le n-ième resto "fusion", la n-ième rue construite selon les attentes du citoyen moderne international, j'en étais venu à questionner l'intérêt de voyager dans le monde globalisé de 2011.

Je n'avais pas encore fait l'expérience de Naples.

La pizza, peut-être le plat le plus populaire du monde, fut inventée à Naples. On aurait pu en faire un sujet d'attraction touristique, un objet sophistiqué et cher ; on aurait pu développer des pizza complexes mêlant les saveurs du monde (et multipliant le prix) ; on aurait pu faire des pizzeria à la mode servant des vins chers. Et bien non. Ici, toutes les pizzeria sont des cantines qui ne servent que des pizza immenses (entre 3€ et 5€), de l'eau, du vin (4€ la bouteille), et de la bière locale. Rien d'autre. Les plus célèbres n'ont que deux pizza au menu. J'ai failli être bastonné pour avoir osé demander de l'huile pimentée : sacrilège ! on ne rajoute rien à sa pizza. Naples aime la simplicité nue, la sobriété absolue.

Alors, si on arrive à faire abstraction des monticules de poubelles non ramassées, des rues défoncées, de la conduite suicidaire, etc., Naples et les Napolitains sont merveilleux. Je leur souhaite de rester uniques et extrêmes, de rejeter encore longtemps compromis et précaution. En un mot je leur souhaite de rester Napolitains ; au train où va le monde, être simplement différent sera bientôt un trésor.

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Friday, September 16, 2011

A l'Auberson

Sous la pluie battante, nous avons dépassé Pontarlier. Nous sommes montés, montés... puis nous avons pris une toute petite route qui monte encore, traverse le village des Fourgs, dans un paysage que je qualifie sans broncher de quasi-tibétain, avant d'atteindre le poste frontière qui semble d'un autre siècle. Pas de douanier. Enfin du côté suisse, c'est l'Auberson.

Si nous découvrons ce village sympathique, c'est parce que mon cousin Vincent et son épouse Bénédicte y sont fromagers. Déjà Vincent, né trois mois après moi, faisait parler de lui ado : il est par exemple champion du monde de pêche d'endurance, oui, quatorze jours et douze heures, 15000 poissons pêchés à deux ! Aujourd'hui les médailles sont celles du meilleur Gruyère, du meilleur Vacherin-Mont d'Or.

700 Mont-d'Or en cours de fabrication !
Bénédicte et Vincent ont su peu à peu gravir les échelons, à force d'amour de leur travail. Au début, employés par la coopérative paysanne, il leur fallait à deux recevoir le lait deux fois par jour (dès 5 heures du matin, puis de nouveau vers 18 heures), faire les fromages, tenir la boutique, et tenir les comptes. Aujourd'hui, ils sont propriétaires d'une entreprise prospère avec 7 employés et toujours autant de travail.

Bénédicte aux commandes
Fascinés (nous sommes tellement accros au fromage que nous avons même eu besoin de manger une fondue savoyarde à Bali, à 38° !), Julie et moi suivons deux jours durant la routine quotidienne. Les vaches ont la mauvaise habitude d'êtres traites deux fois par jour et ne connaissent pas les dimanche et jours fériés, sans parler des trente-cinq heures. Du coup ça commence tôt, ça termine tard, et il n'y a pas de jour chômé.

En quelques chiffres :
  • 7000 l. Quantité totale de lait amenée par les producteurs chaque jour.
  • 140 l. Quantité de lait amenée par les plus petits producteurs. C'est presque de l'artisanat.
  • 3600 l. Contenance de chacune des deux grandes cuves dans lesquelles le lait est caillé.
  • 35 kg. Poids d'une meule.
  • 700. Nombre de vacherins Mont d'Or produits en une matinée.
Pose de la sangle d'épicéa autour des Mont-d'Or
Je suis frappé par la combinaison de haute technologie et de savoir-faire artisanal nécessaire pour produire des fromages de cette qualité. D'un côté, un ordinateur central pilote l'ensemble du circuit dans lequel passe le lait, la température des cuves, le nettoyage automatique, la traçabilité depuis chaque apport de lait jusqu'à chaque fromage... et d'un autre côté, Vincent prend les "vraies" décisions comme la température et le temps qu'on chauffe le lait, le moment où on "décaille", etc. la main plongée dans le bac, le regard absent. Et quand il dit "c'est bon!", alors on sait que c'est bon, mais on ne sait pas pourquoi. Et l'ordinateur non plus ne sait pas pourquoi.

On retrouve ce savoir-faire chez les ouvriers qui, chaque jour quasiment, frottent et retournent les meules de 35kg en affinage. Dédé, 66 ans, au poste tous les matin à 4h30, sait exactement quand une meule a besoin de plus de sel, de moins de ceci ou plus de cela. Il le sent, c'est tout. 52 ans dans le métier, il passe ses semaines de vacances à... visiter des fromageries dans les environs.

Repassant le petit poste frontière deux jours plus tard, je ne puis m'empêcher de penser que certains métiers sont plus concrets que d'autres. Que produit un trader par exemple ? Qu'apporte-t-il à la société ? Dans le cas de Bénédicte et Vincent, j'ai la réponse. Nos sacoches en sont remplies.


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Monday, September 12, 2011

Et si la Chine avait raison ?

Les longs trajets à moto ont ceci de particulier qu'on ne peut ni parler ni somnoler. Alors, les pensées s'égarent.

J'ai à peu près perdu toute confiance dans notre capacité à réformer notre société. Quand je dis réformer, je parle de changements en profondeur, pas d'ajustements d'un taux quelconque ou de mesure Sarkozy au lendemain d'un fait divers. Chaque décision, le temps de passer au travers des différents lobbies, partis, intérêts particuliers, etc. est tout à fait vidée de sa substance avant de devenir décret - quand elle le devient.

La goutte d'eau qui a finalement éteint ma dernière lueur d'espoir fut de lire qu'en Grèce, les réformes cruciales sont freinées depuis le début de l'année en particulier par... les taxis. Oui, en Grèce comme en France les taxis ont semble-t-il beaucoup de pouvoir ! Votre pays coule, il reçoit des milliards d'euros humiliants, et vous bloquez une réforme parce qu'il vous semble que votre acquis pourrait s'y trouver un peu égratigné.

Alors j'ai de plus en plus la conviction que nous ne réformerons rien. Nous toucherons le fond, nous perdrons tout, et alors nous pourrons construire quelque chose de différent et de nouveau.

La Chine nous offre une approche très différente. (Et qu'on ne m'accuse pas d'être pro-régime Chinois, voir nos posts ici, ici, ici et ici !) On peut - et on doit - exécrer les excès totalitaires et la corruption générale régnant sur le pays, mais il faut admettre qu'au Comité Central tout en haut, il y a quelques personnes qui 1/ recherchent réellement le progrès du pays (cela parait évident, mais quand on regarde de plus près nos chers politiciens, cela ne l'est plus) ; et 2/ ont un pouvoir exécutif absolu.

Voyons deux exemples.
  • A la fin des années 70, la Chine se rend compte qu'elle court à la catastrophe démographique. Décision : un seul enfant par couple. Trente ans plus tard, on considère que la démographie chinoise est stabilisée.
  • Années 80, début de crise du logement. Décision : âge limite de mariage, 20 ans pour les filles, 22 pour les garçons (dans un pays où l'âge de consentement sexuel est de 14 ans, et où traditionnellement les couples se mariaient très tôt).  Les gens habitant chez leurs parents jusqu'au mariage, la carence de logement s'améliore soudainement. (Cette loi supportant par ailleurs l'application de la précédente.)

Ce pouvoir est à la fois séduisant et terrifiant. Séduisant car on voit bien que les vraies solutions sont apportées par des décisions radicales, qui ne passent pas par la validation du syndicat des taxis, et que personne ne prendrait avec une élection à venir. Et terrifiant parce que la décision peut être mauvaise, et dangereuse. Il n'y a pas de garde-fou.

Le trouble augmente quand on se rend compte que si ces membres du Comité Central sont (à mon avis) réellement à la recherche du progrès de leur pays, et non pas obnubilés par les prochaines élections... c'est qu'il n'y a pas de prochaines élections ! Ils sont là, ils savant qu'ils y resteront, ils se foutent des sondages d'ailleurs inexistants. Débarrassés de cette contrainte, il peuvent se consacrer au pays.

Je suis conscient que la pente est glissante de ces propos vers une éloge du totalitarisme. Voyons-y plutôt un questionnement du modèle démocratique inventé par les Grecs il y a plus de deux mille ans. Mon père me rappelle que la démocratie grecque, contrairement à la notre, était directe : les cités étant peu importantes, pour prendre une décision tous les membres, 400 ou 500, se réunissaient sur l'agora. Il n'y avait pas de représentants. Il me dit aussi que beaucoup considèrent que "la démocratie, loin d'être le meilleur des régimes, est au mieux le moins mauvais". Sans doute est-ce vrai, mais ne devrions-nous pas le remettre en cause un jour, ou au moins en modifier les paramètres ?

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Wednesday, September 7, 2011

Nouveau départ

Nous avions bien dit que ce ne serait pas un tour du monde, mais un tour - tout court ! Après la Corée, il nous a fallu passer quelques jours à Paris. Du coup, nouveau départ, et surtout question existentielle : où aller ?

Croisant par hasard ma moto qui squattait sur son parking deux-roues, rue de la Bruyère, l'idée nous est venue. Pourquoi pas repartir vers l'Europe en moto ?

Le lendemain nos projets d'Amérique de sud étaient reportés, et nous prenions la route à la dure, matériel de camping sommaire dans les sacoches.


Deux jours plus tard à Beaune (lenteur expliquée par deux facteurs : 1/ le choix de ne rouler que sur des petites routes en prenant notre temps ; et 2/ une sorte d'avertisseur qui me tape dans le dos quand je tente de laisser s'exprimer les nombreux chevaux de ma Suzuki Bandit 600), nous retrouvions nos chers touristes hollandais buvant des bières devant leur caravane - à Beaune !!!

C'est moins exotique que les îles du Pacifique Sud et autres douceurs asiatiques, mais croyez-moi, quand on y revient, la France c'est vraiment pas mal aussi...

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Thursday, August 25, 2011

It's more fun to be a pirate than to join the navy

Comme Julie ne lit plus le blog, j'en profite pour mettre des choses qui n'ont rien à voir avec notre périple.

Jobs (à gauche) et Wozniak, 1975
Hier Steve Jobs a quitté la direction d'Apple. Pour les fans inconditionnels, dont je fais évidemment partie, c'est un coup dur. Même au temple de Samsung/LG, les Coréens sont dépités. Jobs est un personnage beaucoup plus complexe que les clichés ne le laissent croire. J'ai sélectionné ci-dessous quelques paroles de lui à partir de cette compilation

Si vous l'avez pas vue, son intervention pour la remise des diplômes de Stanford en 2005 est mémorable. Je me demande combien de centaines de personnes ont décidé de créer leur boîte après avoir entendu ce discours. 

Enjoy, et bon vent, Steve.

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“It’s more fun to be a pirate than to join the navy.” [1982, quoted in Odyssey: Pepsi to Apple, 1987]

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“We think the Mac will sell zillions, but we didn’t build the Mac for anybody else. We built it for ourselves. We were the group of people who were going to judge whether it was great or not. We weren’t going to go out and do market research. We just wanted to build the best thing we could build.

When you’re a carpenter making a beautiful chest of drawers, you’re not going to use a piece of plywood on the back, even though it faces the wall and nobody will ever see it. You’ll know it’s there, so you’re going to use a beautiful piece of wood on the back. For you to sleep well at night, the aesthetic, the quality, has to be carried all the way through.” [Playboy, Feb. 1, 1985]

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“Design is a funny word. Some people think design means how it looks. But of course, if you dig deeper, it’s really how it works. The design of the Mac wasn’t what it looked like, although that was part of it. Primarily, it was how it worked. To design something really well, you have to get it. You have to really grok what it’s all about. It takes a passionate commitment to really thoroughly understand something, chew it up, not just quickly swallow it. Most people don’t take the time to do that.

“Creativity is just connecting things. When you ask creative people how they did something, they feel a little guilty because they didn’t really do it, they just saw something. It seemed obvious to them after a while. That’s because they were able to connect experiences they’ve had and synthesize new things. And the reason they were able to do that was that they’ve had more experiences or they have thought more about their experiences than other people.

“Unfortunately, that’s too rare a commodity. A lot of people in our industry haven’t had very diverse experiences. So they don’t have enough dots to connect, and they end up with very linear solutions without a broad perspective on the problem. The broader one’s understanding of the human experience, the better design we will have. [Wired, February 1996]

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“This is what customers pay us for–to sweat all these details so it’s easy and pleasant for them to use our computers. We’re supposed to be really good at this. That doesn’t mean we don’t listen to customers, but it’s hard for them to tell you what they want when they’ve never seen anything remotely like it. Take desktop video editing. I never got one request from someone who wanted to edit movies on his computer. Yet now that people see it, they say, ‘Oh my God, that’s great!’” [Fortune, January 24 2000]
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“We made the buttons on the screen look so good you’ll want to lick them.” [On Mac OS X, Fortune, Jan. 24, 2000]
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“Being the richest man in the cemetery doesn’t matter to me … Going to bed at night saying we’ve done something wonderful… that’s what matters to me.” [The Wall Street Journal, May 25, 1993]
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“The system is that there is no system. That doesn’t mean we don’t have process. Apple is a very disciplined company, and we have great processes. But that’s not what it’s about. Process makes you more efficient.

“But innovation comes from people meeting up in the hallways or calling each other at 10:30 at night with a new idea, or because they realized something that shoots holes in how we’ve been thinking about a problem. It’s ad hoc meetings of six people called by someone who thinks he has figured out the coolest new thing ever and who wants to know what other people think of his idea.

“And it comes from saying no to 1,000 things to make sure we don’t get on the wrong track or try to do too much. We’re always thinking about new markets we could enter, but it’s only by saying no that you can concentrate on the things that are really important. [BusinessWeek, Oct. 12, 2004]

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Playboy: Are you saying that the people who made PCjr don’t have that kind of pride in the product?

“If they did, they wouldn’t have made the PCjr.” [Playboy, Feb. 1, 1985]
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“Some people are saying that we ought to put an IBM PC on every desk in America to improve productivity. It won’t work. The special incantations you have to learn this time are the “slash q-zs” and things like that. The manual for WordStar, the most popular word-processing program, is 400 pages thick. To write a novel, you have to read a novel––one that reads like a mystery to most people. They’re not going to learn slash q-z any more than they’re going to learn Morse code. That is what Macintosh is all about.” [Playboy, Feb. 1, 1985]

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“The only problem with Microsoft is they just have no taste. They have absolutely no taste. And I don’t mean that in a small way, I mean that in a big way, in the sense that they don’t think of original ideas, and they don’t bring much culture into their products.”

“I am saddened, not by Microsoft’s success — I have no problem with their success. They’ve earned their success, for the most part. I have a problem with the fact that they just make really third-rate products.” [Triumph of the Nerds, 1996]

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“I wish him the best, I really do. I just think he and Microsoft are a bit narrow. He’d be a broader guy if he had dropped acid once or gone off to an ashram when he was younger.” [On Bill Gates, The New York Times, Jan. 12, 1997]
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“The most compelling reason for most people to buy a computer for the home will be to link it to a nationwide communications network. We’re just in the beginning stages of what will be a truly remarkable breakthrough for most people––as remarkable as the telephone.” [Playboy, Feb. 1, 1985]
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“When you’re young, you look at television and think, There’s a conspiracy. The networks have conspired to dumb us down. But when you get a little older, you realize that’s not true. The networks are in business to give people exactly what they want. That’s a far more depressing thought. Conspiracy is optimistic! You can shoot the bastards! We can have a revolution! But the networks are really in business to give people what they want. It’s the truth.” [Wired, February 1996]
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“When I was 17, I read a quote that went something like: “If you live each day as if it was your last, someday you’ll most certainly be right.” It made an impression on me, and since then, for the past 33 years, I have looked in the mirror every morning and asked myself: “If today were the last day of my life, would I want to do what I am about to do today?” And whenever the answer has been “No” for too many days in a row, I know I need to change something.

“Remembering that I’ll be dead soon is the most important tool I’ve ever encountered to help me make the big choices in life. Because almost everything — all external expectations, all pride, all fear of embarrassment or failure — these things just fall away in the face of death, leaving only what is truly important. Remembering that you are going to die is the best way I know to avoid the trap of thinking you have something to lose. You are already naked. There is no reason not to follow your heart.” [Stanford commencement speech, June 2005]

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“No one wants to die. Even people who want to go to heaven don’t want to die to get there. And yet death is the destination we all share. No one has ever escaped it. And that is as it should be, because Death is very likely the single best invention of Life. It is Life’s change agent. It clears out the old to make way for the new. Right now the new is you, but someday not too long from now, you will gradually become the old and be cleared away. Sorry to be so dramatic, but it is quite true.

“Your time is limited, so don’t waste it living someone else’s life. Don’t be trapped by dogma — which is living with the results of other people’s thinking. Don’t let the noise of others’ opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. They somehow already know what you truly want to become. Everything else is secondary.” [Stanford commencement speech, June 2005]

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